Le collectif du tapis iznaguen des femmes Amazigh de Taznakht

Le Collectif est né spontanément après avoir constaté que nous travaillions toujours ensemble, nous avons besoin quotidiennement l’une de l’autre. Ce qui correspond à notre culture et notre mode de vie communautaire. Le Collectif a toujours existé de manière informelle, aujourd’hui nous lui avons donné un nom, une identité, un pacte et une visibilité.

Nous travaillons et avec nous près de 1000 tisseuses de la région bénéficie de notre organisation. Nous sommes 8 coopératives qui œuvrons pour la préservation du tissage de tapis dans la pure tradition, nous formons les plus jeunes et perpétuons notre savoir -faire de mère en fille. Aujourd’hui à travers ce site nous espérons vendre également nos créations directement sans aucun intermédiaire.

Nous sommes des femmes libres et courageuses amazigh, nous tissons des tapis étant fières, de notre histoire dans la solidarité et l’égalité.

Notre collectif a une identité innée de créativité et valeurs, nos rituels s’inspirent de notre énergie et vibration qui parle de nos émotions et nos rêves en toute franchise.

Nous sommes des femmes amazighs de Taznakht qui passons le pacte bismi lah de vivre dans la communication dans le partenariat l’entente, l’ambition et la loyauté, afin d’atteindre la richesse de nos âmes, l’abondance et la préservation de notre patrimoine culturelle.

Notre héritage

Nous avons reçu de mère en fille, un héritage ancestral, qui depuis la nuit des temps n’est autre qu’une continuelle conversation bienveillante entre la mère et sa fille.

Notre style de tapis

Notre région porte 6 types de tapis le Zanifi : bicolore ,El glaoui , le Akhnif , El wawzguiti ,Akhnif « kharita » et le Lemzerbi.

Tisseuses de liens et de laine

Nous venons des tribus de wawzguit, tisseuses de tapis de la commune iznaguen à Taznakht, dans le sud du Maroc, au Nord de l’Afrique.

Nous avons reçu de mère en fille, un héritage ancestral, qui depuis la nuit des temps n’est autre qu’une continuelle conversation bienveillante entre la mère et sa fille. Il y a très longtemps de ça, la fille ne pouvait se rendre pendant une longue année après son mariage chez ses parents et le tapis s’imposa alors comme moyen de communication établi.

La fille entamait alors une conversation sur les aspects de sa nouvelle vie conjugale et de son nouveau foyer avec sa mère à travers les pigments et les symboles du tapis.

Nous, les femmes Amazigh de Taznakht, nous sommes les gardiennes de cette tradition et tout en préservant notre héritage, nous nous exprimons à notre tour comme étant les filles de cette Terre et nous communiquons notre univers intérieur en laissant libre cours à l’expression de notre créativité, nous clamons nos messages au monde entier à qui veut bien les voir, les entendre, les ressentir……car il s’agit bien de cela aujourd’hui.

Secrets autour de nos symboles et nos pigments

Nous les femmes Amazigh, gardienne de la pure tradition du tapis de Taznakht nous nous adressons au monde et nous partageons avec vous quelques indices pour vous aider à nous à nous lire, ainsi quand vous verrez un chameau sur un tapis des tisseuses de tapis de Taznakht c’est que nous vous parlons de notre patience et de notre force, la fibule représente, la virilité de la femme, oui nous parlons bien de la virilité féminine, une qualité choyée et reconnue chez nous, la grande étoile, c’est l’homme ,les flèches représentaient les guerres entre les tribus, et le cheval ;le courage de l’ homme

Nous pigmentons nos tapis de pigments naturels que nous concoctons nous même à base de plantes et de minéraux endémiques à la région, le vert parle des saisons, le rouge c’est le lien du sang, la loyauté et l’amour, le bleu représente la clarté et le ciel

Pour tisser un tapis de taznakht, il se passe 3 lunes et nous veillons de très près à toutes les étapes.

La laine de Siroua du mouton de Siroua

L’histoire commence avec le berger qui impérativement emmène son troupeau vers le pâturage dans les hauteurs des montagnes du Siroua, la neige donne de la vigueur à la laine de mouton et la nettoie.

Un mouton de laine broute sur les hauteurs en pâturage libre, il ne broute aucun aliment conditionné. Généralement, La tonte commence à partir du septième jour du mois de mai, il ne faut pas qu’il fasse froid pour éviter toute maladie.

Le groupe solidaire « la touisa » , notre tradition.

Les hommes se rassemblent, ils organisent une «touisa », la touisa c’est le groupe solidaire pour l’organisation d’ un évènement, une tradition et une obligation communautaire, tout le monde met la main à la pâte pour n’importe quel évènement du village.
La touisa de dezzan « la tonte », donc le groupe solidaire pour la Tonte.
Les hommes spécialisés se rassemblent, on appelle les voisins et la famille, sous les allures d’une fête. Le matin on prépare « lhrira » la soupe locale marocaine et les dattes, après on mange « l3ssida » du mais concassé au lait fermenté pour donner force et vigueur.

Les hommes préparent « El guetran » dans le bambou et dans le sel et font avaler cet élixir naturel aux moutons afin qu’ils se prémunissent de tout parasites et de s’en nettoyer, le mouton est tondu, il ne doit pas tomber malade.
Les hommes chantent.

« Au nom de bismalah, mets-nous la baraka mon dieu dans cette laine »

« Bismi ya bismi gargiss el baraka ya rabi »

Nos rituels depuis le nettoyage de la laine

“El hormanoun , aghelilgh aghouid ganin aitma , sirdati tgoumiye essabone
Ard ikhss oulinou , sla , la ila lah »
Je vous demande , oh mes frères , lavez moi avec du savon jusqu’à ce que mon cœur se nettoie avec il n’y de Dieu que Dieu.

Nous les femmes Amazighs de Taznakht, récupérons la laine et commence le rituel du lavage
La Touisa pour les femmes est organisée, les femmes du village s’organise pour laver la laine qui doit être lavée à la source ou à la l’eau courante ….nous partons munies de nos outils et rituels et nous nous lançons dans le lavage de laine comme nos ancêtres faisaient en ne perdant pas une miette de ce rituel sacré.

La première pelote de laine passe de main en main que nous accompagnons par nos incantations, cette première pelote est donnée généreusement en « sadaka » aumône pour bénir le reste de la laine.

Nous utilisons également nos propres pigments que nous confectionnons nous-mêmes, Le henne pour le beige , El foua pour le rouge, L’indigo , un minéral qui donne le bleu….
Chaque pigment est traité avec délicatesse et respect de sorte que la couleur fixe sur la laine et donne le meilleur.
Par exemple ,pour obtenir la couleur indigo ,tout un rituel s’impose que ne nous dévoilerons pas, mais nous partageons avec vous une seule étape… la femme tisseuse qui a besoin de cette couleur travaille seule , en isolement dans un état méditatif et de recueillement dans son atelier et l’on dit que la couleur indigo ne peut fixer sur la laine que si la tisseuse est pure.

Notre région porte 6 types de tapis le Zanifi : bicolore ,El glaoui , le Akhnif , El wawzguiti nœud , le Akhnif « kharita » et le Lemzerbi…..

La femme amazigh observe souvent la lune et quand La lune est décroissante ………… Aucun tapis n’est entamé. Pas de « sda » pas de trame.

Le métier à tisser a une âme

un profond respect entre la femme et son métier se crée, le fait de tisser des tapis sur le métier fait que l’on alimente l’âme du métier à tisser
Nous les femmes amazigh de Taznakht , nous chantons en chœur.

« Pas de jugement, il n’est pas permis de dire qu’un tel est mauvais et l’autre est un homme bien, seul dieu est clément et miséricordieux , Exauces mon vœu mon Dieu tout comme j’ai finis ce tapis
Que Chaque fils que j’ai tissé dans ce tapis me soit rendue en une bonne action inscrite

Nous nous répétons, ces mantras et nous coupons la laine en commençant avec les mains pour avoir accès aux sept portes des 7 différents paradis

Les femmes sont transportés et émues pendant ce rituel…….
Nous sommes les femmes berbères de Taznakht , nous avons partagé avec vous une idée sur nos rituels sacrés autour du tissage de tapis, l’affaire des femmes depuis toujours.

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